Mockup d'un tableau DQE mettant en évidence la colonne quantité estimée à côté d'une règle graduée

DQE : comprendre et remplir le détail quantitatif estimatif

Publié le 18 avril 2026 · Mis à jour le 24 avril 2026· 8 min de lectureDocuments administratifs

Le DQE (Détail Quantitatif Estimatif) est un tableau simulé où le candidat applique ses prix unitaires du BPU à des quantités prévisionnelles fixées par l'acheteur. Il sert uniquement à classer les offres lors de l'analyse financière. Le DQE n'engage pas sur les volumes réels, qui restent définis par bons de commande ultérieurs.

Pour les TPE et PME, le DQE est un document utile mais souvent sous-estimé. Bien rempli, il montre que vous avez une vision claire du projet et que vous n'avez rien oublié. Mal rempli ou incohérent, il crée des doutes sur votre compréhension du marché. Le ratio risques/gains penche légèrement vers les risques : un DQE mal fait n'apporte aucun avantage et peut vous disqualifier ou créer des litiges en exécution.

Qu'est-ce qu'un DQE et quand est-il demandé

Le DQE est un document de clarification. L'acheteur vous demande : "Selon vous, quelles sont les quantités que nous allons consommer ou que vous allez devoir livrer ?" C'est une manière pour l'acheteur de vérifier que vous avez la même compréhension du projet que lui.

Par exemple, si le cahier des charges dit "Fournir une solution de maintenance informatique pour notre entreprise de 100 salariés," le DQE vous demanderait de détailler : combien de postes de travail à maintenir ? Combien de serveurs ? Combien d'heures de support prévu par an ? Combien de mises à jour ? Etc.

Le DQE est particulièrement demandé dans les marchés de services ou de fourniture où la nature des prestations est claire, mais les quantités ou les volumes sont estimés. Il est moins demandé dans les marchés de travaux très bien spécifiés (par exemple, "Construire un bâtiment de 500 mètres carrés," où les plans sont fournis).

L'objectif du DQE est multiple. D'abord, c'est un outil de clarification : vous et l'acheteur dites-vous la même chose sur le volume de travail ? Deuxièmement, c'est une protection pour l'acheteur : si vous proposez des quantités anormalement basses, l'acheteur peut vous demander une justification. Troisièmement, c'est une aide au calcul du prix : si l'acheteur doit payer à la quantité consommée (pas un prix forfaitaire), le DQE l'aide à estimer le coût.

La structure générale du DQE et ses sections

Un DQE se compose typiquement d'un tableau avec plusieurs colonnes :

  • Une description de la prestation ou du bien
  • Une unité (pièce, mètre, kilogramme, heure, etc.)
  • Une quantité estimée par période (par mois, par an, par trimestre)
  • Un total annualisé ou total marché
  • Parfois, un commentaire ou une justification

Par exemple, pour un marché de nettoyage de bureaux, le DQE pourrait inclure :

  • Nettoyage bureaux : 500 mètres carrés, fréquence 5 jours/semaine, soit environ 260 jours/an, total 130 000 mètres carrés/an
  • Nettoyage toilettes : 20 mètres carrés, fréquence 5 jours/semaine, soit 260 jours/an, total 5 200 mètres carrés/an
  • Fourniture de consommables : 50 litres de détergent par mois, soit 600 litres/an
  • Etc.

Chaque ligne représente une activité ou une fourniture, avec un calcul transparent de la quantité totale.

Comment estimer les quantités réalistes

L'estimation des quantités est critique. Une estimation trop basse vous met en position de devoir livrer moins que prévu, ce qui peut frustrer l'acheteur et affecter votre réputation. Une estimation trop haute peut signaler une mauvaise compréhension du marché ou une proposition irréaliste.

Utilisez des données factuelles quand c'est possible. Si l'acheteur vous dit "Nous avons 100 salariés," vous pouvez baser votre estimation sur 100. Si le cahier des charges dit "Le bâtiment fait 5 000 mètres carrés," vous pouvez baser votre DQE sur 5 000 mètres carrés.

Quand les données ne sont pas fournies, posez des questions ou faites des estimations conservatrices. Par exemple, si le cahier des charges dit "Services de maintenance d'un réseau informatique" sans préciser le nombre de serveurs, vous pouvez demander à l'acheteur ou estimer prudent sur la base "une PME type de cette taille a généralement 3 à 5 serveurs." Écrivez votre hypothèse dans le DQE : "Estimation basée sur l'hypothèse de 4 serveurs de production."

Si vous avez une expérience antérieure avec un client similaire, utilisez-la. Par exemple, vous avez précédemment maintenu un réseau informatique pour une entreprise de même taille, et vous savez qu'elle consomme 20 heures de support par mois. Vous pouvez baser votre nouveau DQE sur cette expérience.

Discutez aussi avec votre équipe opérationnelle. Vos techniciens, vos commerciaux, qui connaissent le terrain, peuvent vous donner des estimations plus fiables que si vous spéculez seul.

Comment assurer la cohérence entre DQE et offre technique

Le DQE doit être cohérent avec ce que vous proposez techniquement. Par exemple, si votre offre technique dit "Nous fournirons un responsable technique à plein temps pour superviser le projet," et que votre DQE affiche "40 heures de supervision technique par an," cela n'est pas cohérent. 40 heures par an, c'est une journée par semaine, pas un plein temps.

Vérifiez cette cohérence avant de soumettre. Le jury remarquera les incohérences et en tirera des conclusions négatives : soit vous ne savez pas ce que vous faites, soit vous avez volontairement falsifié les quantités.

De même, si votre offre technique décrit une solution "premium" avec des équipements de haut de gamme, mais votre DQE affiche les quantités d'une solution "basique" avec moitié moins de ressources, c'est incohérent.

Les pièges courants dans le remplissage du DQE

Le premier piège est l'oubli de certaines prestations. Le cahier des charges décrit dix services différents, mais votre DQE n'en couvre que sept. Vous avez oublié trois. Cela crée une incomplétude qui affaiblit votre candidature.

Pour l'éviter, créez une "check-list" de toutes les prestations mentionnées dans le cahier des charges et cochez-les au fur et à mesure que vous les couvrez dans le DQE.

Le deuxième piège est une mauvaise compréhension des unités. Le cahier des charges demande "hourly support," mais vous avez rempli le DQE en "monthly fee." C'est une confusion entre les unités qui crée une incohérence.

Le troisième piège est une estimation tellement basse qu'elle semble irréaliste. Si vous déclarez que vous pouvez assurer le support informatique de 100 salariés avec seulement 10 heures par an, le jury vous demandera comment c'est possible. Soit vous devez justifier (par exemple, une solution très automatisée), soit vous réviser à la hausse.

Le quatrième piège est une manque de justification ou de transparence. Vous listez une quantité mais sans expliquer d'où elle vient. Si l'acheteur vous demande "Comment avez-vous estimé 1 000 mètres carrés de nettoyage par jour ?", pouvez-vous justifier ? Si vous ne pouvez pas, c'est un signal de manque de rigueur.

Comment documenter vos estimations

Pour chaque ligne du DQE, préparez une "note de calcul" qui explique comment vous avez estimé la quantité. Par exemple :

  • "Nettoyage bureaux : bâtiment de 500 m², 5 jours/semaine de nettoyage complet, rendement estimé 4 m²/minute = 125 m²/heure, donc 2 heures par jour, 10 heures/semaine, 52 semaines/an = 520 heures/an, à rendement 4 m²/minute = 2 080 m² nettoyés/semaine = 108 160 m²/an au-dessus des 500 m² du bâtiment (multiple nettoyages). Estimation cohérente."

Ces notes montrent que vous avez réfléchi sérieusement aux quantités. Elles renforcent votre crédibilité.

Si possible, joignez des références ou des données sectorielles qui appuient vos estimations. Par exemple, "Selon l'association nationale des nettoyeurs, le rendement de nettoyage est 3 à 5 m²/minute. Nous avons estimé 4 m²/minute, ce qui est dans la norme."

Comment utiliser le DQE pour négocier ou clarifier

Avant de finaliser votre DQE, vous pouvez l'utiliser comme un outil de clarification avec l'acheteur. Envoyez un email : "Nous préparons notre réponse et nous estimons que le marché consommera X unités par an. Cela correspond-il à votre attente ?"

Une réponse positive de l'acheteur confirme votre compréhension. Une réponse "Non, c'est beaucoup plus/moins" vous permet de corriger avant de soumettre votre candidature. C'est une étape de sécurité importante.

Certains appels d'offres incluent une phase de "questions/clarifications." Utilisez cette phase pour demander des précisions sur les quantités si le cahier des charges est vague.

Comment gérer les variations de quantités en exécution

Une fois le marché signé, il est possible que les quantités réelles diffèrent de ce que vous aviez estimé dans le DQE. Cela dépend de la nature du contrat.

Si c'est un contrat à "prix unitaire" (vous facturerez à la quantité réellement consommée), alors les variations de quantité ne sont pas un risque majeur : vous facturerez plus ou moins selon ce qui a été vraiment consommé.

Si c'est un contrat "forfaitaire" (vous avez un prix fixe total), alors les variations de quantité sont un risque pour vous. Si les quantités réelles sont 50 % plus hautes que le DQE, mais que votre prix global est fixe, votre marge se réduit.

C'est pour cela que le DQE est aussi important : c'est souvent la base sur laquelle se calcule le prix global ou unitaire. Une sous-estimation du DQE peut signifier un prix global insuffisant.

Conclusion

Le DQE est un document de clarification et de transparence. Bien rempli, il montre que vous avez compris le marché et que vous proposez une solution réaliste. C'est aussi un outil de protection : les quantités que vous estimez deviennent, en cas de litige ultérieur, la référence pour évaluer si vous avez bien livré.

Remplir un DQE solide signifie : couvrir toutes les prestations du marché, baser vos estimations sur des données factuelles ou des hypothèses justifiées, assurer la cohérence avec votre offre technique, et documenter vos calculs.

Ne voyez pas le DQE comme une corvée administrative. Voyez-le comme une opportunité de montrer que vous maîtrisez le sujet et que vous avez une vision claire du projet. C'est un élément qui renforce votre candidature.

Nextend.ai peut vous aider à archiver des modèles de DQE par type de marché, à vérifier la cohérence entre votre DQE et vos autres documents, et à documenter vos hypothèses d'estimation pour les réutiliser ultérieurement.

Questions fréquentes

Qui fournit généralement les quantités estimées dans un DQE ?

C'est votre responsabilité de les estimer basée sur le cahier des charges et votre compréhension du besoin. Si les données ne sont pas fournies, posez des questions à l'acheteur pendant la phase d'appels d'offres ou estimez prudent sur la base de projets antérieurs similaires.

Que faire si ma quantité estimée au DQE est finalement très différente de la réalité en exécution ?

C'est un risque normal si c'est un marché à prix variables. Si c'est un prix forfaitaire, vous êtes engagé sur la quantité estimée. Cela renforce l'importance d'être très prudent dans l'estimation du DQE au départ.

Dois-je inclure un DQE même si l'acheteur ne l'a pas explicitement demandé ?

Non, seulement s'il est demandé dans le cahier des charges. Fournir un document non demandé peut surcharger inutilement votre dossier et créer de la confusion. Respectez exactement ce que le cahier des charges demande.

Comment justifier une estimation inhabituelle de quantités ?

Incluez une note dans le DQE expliquant votre hypothèse de base. Par exemple : "Estimation basée sur 50 jours ouvrables annuels" ou "Sur la base d'une croissance annuelle de 5 % du volume." Cela montre que l'estimation n'est pas aléatoire.

Un DQE peut-il être modifié après que je l'ai remis ?

Seulement si l'acheteur vous demande une clarification ou une correction avant l'évaluation. Une fois votre candidature évaluée, le DQE est figé. Vérifiez-le deux fois avant de remettre.

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Michaël Pastor

Michaël Pastor

Fondateur de Nextend.ai, ex-cofondateur de Techni-Drone où il a lui-même répondu à des marchés publics avant de lancer cet outil d'analyse IA.

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